Unbound presents “Portuguese letters” / Unbound predstavlja “Portugalska pisma” / Unbound présente “Lettres portugueses”

“J’aime bien mieux être malheureuse en vous aimant que de ne vous avoir jamais vu.” 

“I prefer to be miserable loving you than not to love at all.” (1)

The novel “The letters of a Portuguese nun” (original title “Les lettres portuguaises”, 1669″) was first published anonymously by the publisher Claude Barbin in Paris in 1669 as a translation of five letters of a Portuguese nun to a French officer. Today, the majority of critics believe that work belongs to the genre of epistolary fiction in the form of five letters written by Gabriel de Guilleragues (1628–1685) in French and not as a translation (as he had himself claimed). However, the question of the author of the letters still remains a mystery. Some believe the letters were written by a 17th-century Franciscan nun in a convent in Beja, Portugal, named in 1810 as Mariana Alcoforado (1640–1723). The letters were said to have been written to her French lover, Noel Bouton, Marquis de Chamilly (1635–1715), who came to Portugal to fight on behalf of the Portuguese in the Portuguese Restoration War from 1663-1668. The young nun was said to have first seen the young officer from her window, the now-locally famous “janela de Mértola,” or “window of Mértola.” 

The letters, in book form, set a precedent for sentimentalism in European culture at large, and for the literary genres of the sentimental and epistolary novel, into the 18th century, such as the “Lettres persanes” by Montesquieu (1721), “Lettres péruviennes by Françoise de Graffigny (1747) and “Julie, ou la nouvelle Héloise” by Jean-Jaques Rousseau (1761).

Written in a surprisingly contemporary style, the letters form a monologue beginning in amorous passion and slowly evolving, through successive stages of faith, doubt, and despair, toward a tragic end. They speak of the durability and universality of the human experience when it comes to romantic love.  

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“Razmisli, ljubavi moja, kako ništa, ama baš ništa nisi predvidjela. Ti si prevarena, a varavim svojim nadama prevarila si i mene. Čuvstvo, od kojeg si očekivala tolike radosti i užitke, urodilo je crnim očajanjem, koje se da usporediti samo s okrutnim bolom, sto ga zada odsutnost, koja ga je prouzrokovala… Ipak mi se čini, da osjećam neku sklonost prema nesrećama, kojima ste vi jedini uzrok: život sam vam svoj poklonila, tek što sam vas ugledala; godi mi, što vam ga, eto, žrtvujem…. “(“Prvo Pismo”).

Epistolarni roman “Portugalska pisma” (u originalu “Les lettres portuguaises”, 1669) je kratko djelo koje je pariški izdavač Claude Barbin prije tri stoljeća objavio anonimno.  Danas se djelo prepisuje autoru Gabrielu de Guilleragues, iako neki kritičari još i danas smatraju kako je autorica pisama portugalska sestra, Mariana Alcoforado (1640–1723) upućenih njenom ljubavniku Noelu Boutonu, Marquisu de Chamilly (1635–1715), jer, po riječima Francuskog pisca, Philippa Sollersa, “aucun homme (et certainement pas le pâle Guilleragues) n’aurait pu aller aussi loin dans la description de la folie amoureuse féminine” (nijedan muškarac nije mogao otići toliko daleko u opisivanju ženske ljubavi”).

Djelo se sastoji od pet pisama, bez naslova, bez datuma, i potpisa. Pisma su vrlo privatne naravi, u njima se govori gotovo samo o ljubavi. Piše ih žena koja živi u samostanu, i to u južnom dijelu Portugala. Upućuje ih nekom francuskom časniku, članu ekspedicijskog korpusa, sto ga je Luj XIV, poslao u pomoć Portugalcima, koji se bore protiv Španjolaca. Posto su glavne operacije završene, francuski se časnik vraća u domovinu, misleći zacijelo, da je ova ratničko-ljubavna epizoda time završena. No mlada je žena teško razočarana. U svojoj velikoj ljubavi kakva se proživljava samo jednom u životu, ona se nada da će se njen ljubavnik vratiti. Pišući mu, ona daje maha svojim osjećajima, opaja se uspomenama. Svako od tih pisama u neku je ruku čin drame, koja se odigrava u njenoj duši. Pisma se odlikuju nevjerojatnom svježinom i modernošću po tonu iskrenosti i jednostavnošću stila pisanja, te dubini analize osjećaja.  

“Pišem vam posljednji put i nadam se, da ćete iz mog pisma razabrati, da ste me konačno uvjerili, da me više ne ljubite, i da prema tome ne smijem više ljubiti ja ni vas…Vraćajući vam vaša pisma, sačuvat ću pomno posljednja dva, koja ste mi uputili: čitat ću ih češće nego sam čitala ona prva, da ne bih zapala u negdašnju slabost… od vas neću više nista: mahnita sam i luda, što iste stvari toliko puta ponavljam; potrebno je samo jedno; da vas ostavim I da na vas više ne mislim. (“Peto Pismo”).

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“Il me semble que je vous parle, quand je vous écris, et que vous m’êtes un peu plus présent.”

“Les Lettres portugaises”, d’abord publiées anonymement sous le titre “Lettres portugaises traduites en français” chez Claude Barbin à Paris en 1669 comme la traduction de cinq lettres d’une religieuse portugaise à un officier français, sont une œuvre dont la majorité des spécialistes pense qu’il s’agit d’un roman épistolaire dû à Gabriel de Guilleragues. Avant d’être considérées comme une œuvre de fiction attribuée à Guilleragues, les lettres ont été souvent attribuées, jusqu’au xxe siècle, à une religieuse franciscaine du xviie siècle du couvent de Beja au Portugal, du nom de Mariana Alcoforado (1640-1723), censée écrire à son amant français, le marquis de Chamilly, venu au Portugal combattre du côté des Portugais dans leur lutte pour l’indépendance face à l’Espagne, de 1663 à 1668

Ces lettres, prétendait-on, étaient entrées en possession du comte de Guilleragues, directeur de la Gazette de France, qui les avait traduites en français ; on ajoutait que l’original « portugais » avait été perdu. Par leur description sincère et saisissante de la passion amoureuse et le fait qu’on les supposait authentiques, elles firent sensation dans le monde littéraire dès leur publication en 1669 et elles connurent cinq éditions pendant la première année.  

En dépit des études historiques, le romantisme des lettres trouvent encore du crédit auprès de quelques écrivains. En 2006, Myriam Cyr a publié un ouvrage intitulé Letters of a Portuguese nun : uncovering the mystery behind a 17th century forbidden love où elle défend la thèse de l’attribution à Mariana Alcoforado en affirmant que celle-ci, comme religieuse instruite à son époque, pourrait avoir écrit les lettres, qui présenteraient des caractéristiques suggérant une origine portugaise. Cependant, les arguments avancés par Myriam Cyr ne semblent pas différer sensiblement de ceux du xixe siècle. Récemment dans une édition paradoxale de ces lettres, publiées encore une fois sous le nom d’auteur de Guilleragues, & préface de Philippe Sollers, celui-ci se dit au contraire convaincu de leur authenticité : «Il y a encore des controverses sur les origines et l’authenticité de cette correspondance unilatérale. Je la tiens, moi, pour authentique, car aucun homme (et certainement pas le pâle Guilleragues) n’aurait pu aller aussi loin dans la description de la folie amoureuse féminine6».

La publication de ces lettres passionnées fit, en partie parce qu’on les supposait authentiques, sensation dans toute l’Europe. Datées de décembre 1667 à juin 1668, les cinq lettres, écrites par la nonne pour « se plaindre de son abandon », constituent un des rares documents d’expérience humaine extrême et elles révèlent une passion qui, au cours de trois siècles, n’a rien perdu de son intensité. Courtes, passionnées et lyriques, ces cinq lettres montrent les stades successifs de foi, de doute et de désespoir par lesquels est passée la narratrice. Leur franchise absolue, leur tendresse exquise, leur passion absolue, l’espoir, les excuses et le désespoir ainsi que le total aveu de soi-même ont suscité, à toutes les époques, l’étonnement et l’admiration de personnes célèbres comme la marquise de Sévigné. Le sentimentalisme des lettres, qui peuvent également être considérées comme des fragments d’auto-analyse psychologique inconsciente, annonce les genres littéraires du roman sensible et du roman épistolaire au xviiie siècle.

(1) The English translation is my own.

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